Emmanuel Cau : « Ne pas engager la requalification du Périphérique Sud reviendrait à tourner le dos à nos engagements locaux. »

D’où vient ton engagement dans la politique ? Qu’est-ce qui te motive ?

Je suis de la génération Bhopal, de l’Amoco Cadiz, du massacre des bébés phoques, mais aussi de la génération Tapie, de l’individualisme. Entre les droits de la nature et les droits de l’Homme, je ne trouvais pas un engagement associatif qui lie les deux. Mon engagement ne pouvait donc pas être uniquement associatif, il devait être politique, anti-productiviste, me permettre d’agir contre un modèle qui exploite les droits de la nature : seuls les Verts m’offraient cette voie, et continuent de me la proposer aujourd’hui.

Lille, ta ville : comment la décrirais-tu ? Qu’est-ce qui t’attache à Lille, voire te plaît moins ?

Ce qui ne m’attache pas, c’est que le patrimoine bâti, historique, a du mal à se frayer un chemin et à exister entre les voitures : on voit toujours des voitures sur la Grand’Place. Il y a aussi le fait de s’émerveiller devant des herbes folles entre les pavés, tellement on manque de Nature, et d’espaces verts. Mais ce qui me plaît, c’est toutes les formes de culture : pas au sens de Lille 3000, mais au sens des gens, ceux que l’on rencontre à Wazemmes ou à Moulins que je connais mieux.

Qu’est-ce qui te plaît dans le programme et le projet portés par Lille Verte 2020 ?

Qu’on propose une symbiose entre la ville et la nature, l’une soutenant l’autre. Notre projet réussit à montrer que l’écologie est forcément sociale, ce à quoi nous avons toujours cru. Notre projet est là pour réussir à renverser la table, pour protéger la biosphère, sortir de ce modèle qui rend autant malade la nature que les hommes et les femmes. On dessine un chemin pour sortir de ce modèle productiviste, pour entrer dans un nouveau modèle qui respecte à la fois les Hommes et la biosphère. C’est la seule voie qui permette de répondre à l’urgence sociale des sans revenus, des sans toits, des sans santé. Rénover un logement par exemple, c’est créer de l’emploi, du pouvoir de vivre, c’est avoir un air intérieur sain, c’est diminuer la facture énergétique, et aussi diminuer les émissions de Gaz à Effet de Serre.

Qu’est-ce qui fait la différence de Lille Verte 2020 selon toi ?

Lille Verte 2020 est une liste qui sait conjuguer les temps, les jeunes et les plus anciens, l’expérience et un regard nouveau.

Quelle est, selon toi, la proposition phare, celle(s) à laquelle tu es le plus attaché et pourquoi ?

La requalification du périphérique est vraiment le symbole d’un projet écolo et d’un projet qui respecte les objectifs de la COP21 : à la fois il faut protéger les lillois qui sont assourdis et asphyxiés par ce périphérique, et prendre en compte que l’on doit réussir la baisse drastique des GES, et donc changer radicalement les manières de se déplacer.

Requalifier le périphérique, c’est intégrer tout ça, permettre une vraie diminution du trafic, protéger les riverains, protéger notre patrimoine en réunissant enfin Baggio au jardin Botanique. Mais surtout, c’est supprimer cette douve entre le château lillois central et les habitants de Lille Sud rejetés au-delà du périphérique. On récupèrera des espaces de nature, soit sur les abords, soit sur la couverture en elle-même, tout en permettant également à ce futur boulevard urbain d’accueillir les transports en commun, le covoiturage et les modes doux, alternatifs de déplacement. Certains s’effraient du coût, ce sont les mêmes d’ailleurs qui se sont engagés dans la construction du nouveau périphérique Est dont l’objectif était de supprimer les bouchons à l’entrée de Lille (sic).

Si construire un nouveau périphérique qui renforce le problème a pu être acceptable économiquement, il n’y a aucune raison que la requalification du périphérique Sud ne le soit pas. D’autant qu’elle n’a que des bénéfices : en terme de santé, de qualité de vie, l’opportunité de faire respirer à nouveau toute une ville. Et c’est un projet qui respecte les engagements nationaux et internationaux pour le Climat : des engagements que doivent tenir aussi bien Lille, que la Métropole, la Région ou l’Etat.

Ne pas faire la couverture du Périphérique Sud reviendrait donc à tourner le dos à nos engagements locaux, nationaux et internationaux pour le climat. 

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