Stéphane Baly, confiné !

Comment as-tu vécu le coup d’arrêt de la campagne et la mise entre parenthèses de l’aventure LilleVerte2020 et de nos vies, à titre personnel et en tant que tête de liste ? Comment occupes-tu tes journées ?

« Le Vide et le Plein, Le Dehors et le Dedans »… Ces titres de l’écrivain du voyage Nicolas Bouvier sont un peu à l’image de ce que nous avons tous vécu en quelques heures mi-mars. Alors comme tout le monde, passé la sidération, on s’adapte. J’ai la chance d’avoir une terrasse ensoleillée. Après les quelques semis réalisés lors des premiers jours de confinement, j’observe la pousse ! Et depuis aujourd’hui, les premiers radis sortent de terre… le développement du plant de rhubarbe donne à rêver à une future compote. Sur un mètre carré, on en fait rapidement le tour, très loin de l’autonomie alimentaire… En dehors de ces parenthèses, les visioconférences ont quasi-immédiatement pris le relais des réunions permettant de poursuivre l’aventure Lille Verte et reprendre les activités associatives mises en pause durant le temps de la campagne. Malgré l’incertitude et le contexte inédit, le mandat municipal n’est pas terminé. La crise du COVID19 étant amenée à perdurer encore plusieurs semaines, nous avons sollicité la mise en place des outils de gouvernance partagée au sein de la mairie. Et d’ici quelques jours, j’ai un enseignement à assurer. Et je visionne la troisième et dernière saison de la série française Baron noir. Les écolos sont les grands absents du scénario… et ce n’est très certainement pas si mal.

Dans ton discours du meeting du 5 mars, tu déclarais : « Notre liste est à l’image du cœur battant de Lille ». Ce cœur bat actuellement au ralenti… Quelles sont tes réflexions quant à ce que cela signifie pour notre société ?

Lors du meeting, je rappelais que nous savons que l’attitude sensée, le réflexe salutaire, c’est de ralentir, pour changer de direction. Tout notre projet porte sur cette double ambition. Nous défendons depuis longtemps une ville qui lève le pied, relie et s’adapte. Ralentir, c’est apaiser et prendre soin, pour ne laisser personne sur le bord de la route. La vi(ll)e est au ralentie depuis deux semaines. Si nous ne choisissons pas une trajectoire soutenable à l’avenir, nous connaîtrons de nouveau d’autres arrêts forcés. Ils sont douloureux : des familles souffrent, des personnes âgées sont isolées pendant que des travailleurs s’épuisent. Après le confinement il faudra donc entrer en résistance contre la fureur du monde. Nous voyons que la réduction des trafics améliore la qualité de l’air, le bruit a été divisé par 10 à Lille. Ce sont autant d’enseignements pour changer, pour choisir et non-subir. Après le confinement, il nous faudra entrer en résistance climatique.

Tu as déclaré dans la presse que le temps du confinement devrait permettre un entre-deux tours apaisé et propice à la création d’une vraie coalition : qu’en est-il réellement ?

Dire ce qu’on fait et faire ce qu’on dit ! Après avoir une première rencontre au mois de février avec des représentants des listes LFI et PS, le lendemain du premier tour, Lille Verte 2020 a renouvelé ces rencontres. Traditionnellement, nous avions trente-six heures pour déposer les listes, ce qui empêche totalement l’apaisement et le processus de construction d’une coalition. Là, on va être sur un temps long… Tout en ignorant à ce jour les conséquences de COVID19 sur le scrutin : second tour le 21 juin ou premier et second tour à rejouer à l’automne prochain voire en
mars 2021 ! En attendant, un travail sans précédent – et j’en remercie les contributeurs – a été mené pour la rédaction d’un accord de gestion. Programme, gouvernance… Coalition ou autonomie, ce travail pourrait aussi contribuer à notre feuille de route des 100 premiers jours aux manettes du Beffroi.

Tu as aussi déclaré « Nos cancers sont politiques » comme A.Ernaux parle, dans la citation ci-dessus, de « ce jargon technocratique dépourvu de chair qui noie le poisson de la réalité ». Par ailleurs, un des membres de notre gouvernement déclarait ces derniers jours sur France Inter qu’il découvrait « la dépendance de la France à des pays étrangers pour la production de biens essentiels. » … Comment vois-tu la sortie de cette crise sanitaire ?

Nous redécouvrons que la santé, l’éducation, l’alimentation, la recherche, etc., sont des biens communs, vitaux, matriciels pour la démocratie, non réductibles à des biens marchands. Et c’est une bonne nouvelle. Une fois l’épidémie passée, il va falloir veiller à ce que la prise de conscience produise une véritable mue et que les actes succèdent aux mots. Je reprendrais la conclusion d’une tribune publiée récemment dans Le Monde et co-signée par Dominique Bourg qui était venu amicalement nous soutenir durant la campagne : « Préparer collectivement l’avenir, s’affranchir de l’imminence de la fin du mois pour mieux surmonter la fin du monde, voilà ce qui nous donne espoir. »

Si tu n’avais qu’un seul message à passer aux habitants de Lille, Lomme et Hellemmes, quel serait-il ?

Prendre soin. Prenez soin de vous et des autres… Et n’attendons pas l’issue du second tour du scrutin municipal pour débuter la mise en œuvre des propositions Lille Verte 2020 !

Une autre interview ? Retrouvez celle du lundi 16 mars, par Sophie Mayeux

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