Maroin Al Dandachi : « L’enjeu, c’est la médiation numérique pour les Lillois-e-s les plus fragiles »

D’où vient ton engagement dans la politique ?

C’est la justice sociale qui m’a d’abord fait découvrir et m’a donné envie de m’impliquer dans le monde politique. C’est aussi et surtout la Syrie en 2011 : parce que mes deux parents sont d’origine syrienne, j’ai été directement touché par le conflit. Depuis 9 ans maintenant, je vis avec mon cœur en Syrie, si je puis dire, et donc je suis impliqué depuis 8 ans dans quantité d’associations très différentes. Il y a quelques années, j’ai décidé d’aller plus dans le local : sur des associations de maraudes auprès des sans-abris, sur les questions sanitaires d’alimentation auprès des étudiants. Je me rendais compte que j’atteignais une limite dans mon impact social et que peut-être j’avais quelque chose à faire dans la vie politique. Je me suis engagé chez les Verts en mai 2018 et depuis j’y suis et ça se passe plutôt bien.

Lille, ta ville : comment la décrirais-tu ? Qu’est ce qui t’attache à Lille ?

Pour comprendre mon attachement à Lille, il faut d’abord comprendre mon attachement à Rennes, où je suis né et ai vécu jusqu’à mes 18 ans. Je voulais être dans la continuité de l’ambiance bretonne. L’ambiance ch’ti m’a parue vraiment cohérente et dans la continuité de la Bretagne. Quand je suis arrivé à Lille, j’étais heureux parce que les gens de Lille sont comme les gens de Rennes. L’avantage à Lille c’est que c’est plus grand et qu’il y a donc plus de possibilités, plus de richesses, plus de rencontres : je pourrais passer toute ma vie à Lille et être surpris tous les jours de ce que cette belle ville peut nous apporter. Ce que j’apprécie le plus aussi c’est que Lille est extrêmement cosmopolite, de melting-pot. C’est cette vie en commun qui fait plaisir.

Ce que je n’aime pas trop c’est qu’il n’y a pas assez de parcs. Les espaces verts sont vraiment un besoin pour ma femme et moi. Nous adorons faire des pique-niques, sortir de notre domicile et vivre en communauté. C’est vraiment ça qui me manque le plus !

Qu’est ce qui te plaît dans le programme et le projet portés par Lille Verte 2020 ?

Ce qui me plait le plus, c’est notre volonté d’être transparents, de donner l’accès à l’information car c’est la seule manière de rétablir du lien de confiance avec les habitants de Lille. La mesure qui m’importe le plus c’est la question de l’Open Data c’est-à-dire l’ouverture des données. Mais au-delà, c’est aussi notre approche liée au numérique qui est vraiment transversale, parce que c’est un enjeu majeur de société et que ça fait aussi partie de mon travail. On ne s’en rend pas compte mais ça va devenir de plus en plus un enjeu sanitaire et énergétique. Notre programme sur la question du numérique, je le trouve assez ambitieux.

Qu’est ce qui fait la différence de Lille Verte 2020 selon toi ?

Ce qui fait la différence c’est notre volonté de co-construction avec les citoyens. Plus on co-construit avec les citoyens, plus on est transparent, plus on redonnera confiance en l’action publique et le goût de la politique. De la genèse jusqu’à  la mise en place des projets, de A à  Z, on a associé et on continuera d’associer les citoyens, pour qu’ils puissent avoir un véritable pouvoir décisionnel.

Quelle est, selon toi, la proposition phare, celle(s) à laquelle tu es le plus attaché et pourquoi ?

Au-delà de l’open data, qui reste quelque chose d’assez basique et qui est la première étape avant d’aller vers des outils d’aide à la décision qui vont faciliter le travail des agents municipaux ou des élu.e.s, il y a l’enjeu majeur de la médiation numérique. 60% des français aujourd’hui se sentent en situation de fragilité liée au numérique. On a besoin  d’une politique globale massive pour développer le lien de proximité que font les 13 centres sociaux et maisons de quartiers, les mairies de quartiers, les acteurs comme Emmaüs Connect. On se rend compte que donner accès aux services publics à des habitants, c’est leur permettre de reprendre confiance en eux, de se ressentir citoyens et surtout d’accéder à leurs droits. Rendons-nous compte qu’il y a des dizaines de millions d’euros qui ne sont pas versés en tant qu’aides sociales auxquelles les gens renoncent.

Nous avons deux enjeux pour résoudre le problème de l’illectronisme. Il y a d’abord un enjeu matériel. Pour le résoudre, nous devons nous assurer qu’il y a assez d’espaces ouverts et accessibles à toutes et à tous pour se connecter sur internet et accéder à ses droits. Après, au-delà du matériel, il y a la question de l’usage. Il faut que les usagers soient dans un cadre qui facilite l’accès et donc accompagnés d’un être humain, parce que maîtriser Facebook ou Whatsapp, ce n’est pas la même chose que d’aller faire des démarches administratives en ligne. Ce qui me rassure avec Lille Verte 2020, c’est qu’on ne veut pas mettre des robots, des automatismes ou même de la vidéosurveillance pour régler les problèmes sociétaux, mais plutôt miser sur la valeur de l’humain. Parce que c’est le seul moyen de nous assurer de ce lien de proximité avec les personnes isolées face à la dématérialisation du service public.

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