Marianna Pastore : « Mon rêve personnel, c’est qu’après Barcelone, Paris, Lampedusa, Lille devienne une ville-refuge. »

D’où vient ton engagement dans la politique ? Qu’est-ce qui te motive ?

Je me suis engagée en politique très jeune, en commençant d’abord dans le milieu associatif, dès l’âge de 13 ans. En 2015, quand je suis arrivée en France, j’ai cherché des collectifs engagés sur le terrain : comme le collectif des Olieux, avec Diem 25. Après l’expulsion du 5 étoiles, je faisais le lien entre les personnes qui offraient des hébergements et les jeunes migrants. Mais je pense qu’il faut aussi savoir garder un pied sur le terrain et un pied dans les institutions, pour gagner en efficacité : c’est pour cela que je me suis engagée avec Diem25 et Génération.s.

Lille, ta ville : comment la décrirais-tu ? Qu’est-ce qui t’attache à Lille, voire te plaît moins ?

Je ne suis là que depuis 5 ans, mais dès le début j’ai essayé de trouver un chemin pour être un membre actif et impliqué de la ville. J’ai décidé de rester ici car c’est vraiment une ville multiculturelle, avec beaucoup de collectifs, de gens engagés : c’est stimulant. Par contre, la pollution est pour moi un vrai handicap : étant asthmatique, mon pneumologue m’a conseillée de choisir un autre lieu de vie. Et enfin ce qui me choque : le nombre de personnes qui sont à la rue et la manière dont ces personnes sont ignorées. On ne devrait jamais avoir de squat 5 étoiles, on devrait avoir des centres d’accueil dignes de ce nom.

Qu’est-ce qui te plaît dans le programme et le projet portés par Lille Verte 2020 ?

C’est l’attention qui est donnée à la protection des plus faibles, et plus particulièrement ceux et celles qui sont à la rue. De par mon histoire personnelle, je suis très sensible à la situation des (très jeunes) exilés. La Mairie peut accompagner, en créant des places en CADA (centres d’accueils pour demandeurs d’asile), une aide financière pour les associations qui s’occupent des personnes à la rue et des migrants. A Lille, ces associations sont très nombreuses : il faut que la Mairie aide les acteurs qui sont déjà présents, qui ont un diagnostic et savent quels sont les besoins. Et la Mairie doit aussi éduquer, investir, pour éviter qu’autant de personnes ne vivent ainsi isolées du reste de la société.

Qu’est-ce qui fait la différence de Lille Verte 2020 selon toi ?

C’est la conscience que nous avons du lien intangible entre la solidarité et l’écologie : ce sont les deux moteurs d’une même machine. L’écologie et la justice sociale vont de pair, c’est le sens de nos engagements personnels à tou.te.s. On ne s’improvise ni écologiste, ni défenseurs de la justice sociale : c’est quelque chose que nous portons dans nos vécus et nos expériences.

Quelle est, selon toi, la proposition phare, celle(s) à laquelle tu es la plus attachée et pourquoi ?

Ma priorité c’est lutter contre la pauvreté extrême et repositionner Lille comme une ville qui accueille et qui héberge chacun. La réquisition des logements vacants est une évidence quand on voit toutes les personnes qui dorment sur les trottoirs. Cette réquisition peut permettre d’abriter toutes les personnes qui vivent dans des conditions indignes aujourd’hui.

Et pour cela, il y a plus besoin de rénover que de construire : on n’a pas forcément besoin de nouvelles constructions quand on voit le nombre de bâtiments insalubres ou indignes dans Lille. Réhabiliter et rénover ce que nous avons déjà est une des clés pour rendre notre ville vraiment solidaire. Mon rêve personnel, c’est qu’après Barcelone, Paris, Lampedusa, Lille devienne une ville-refuge, une ville qui garantisse un accueil décent pour tous les exilés qui cherchent un refuge, et une intégration en Europe.

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