Julie Nicolas : « Les politiques doivent prendre la mesure de l’enjeu de santé publique que représente la pollution de l’air. »

D’où vient ton engagement dans la politique ? Qu’est-ce qui te motive ?

Cela fait longtemps que je suis militante, mais plutôt une militante intermittente : cela fait plus de 15 ans que je travaille dans le domaine du climat, de la biodiversité, des politiques publiques durables, avec en parallèle un engagement en tant que représentante de parents d’élèves. Ce n’est qu’assez récemment que je me suis décidée à prendre des responsabilités et à militer plus activement. Je suis devenue co-secrétaire du groupe local EELV de Lille-Lomme-Hellemmes en novembre 2018, ce qui m’a amenée à franchir le pas de ma toute première candidature à une élection.

Lille, ta ville : comment la décrirais-tu ? Qu’est-ce qui t’attache à Lille, voire te plaît moins ?

Je suis arrivée à Lille il y a 20 ans, pour mes études à Roubaix, et c’est désormais ma ville d’adoption. Rétrospectivement, c’est assez étonnant car je me souviens encore du choix ressenti face au manque d’espaces verts, face à certains « gestes » architecturaux que je ne comprends toujours pas quand je vois la richesse de notre patrimoine, si peu mis en valeur. Avec le temps, on pense s’habituer mais en réalité le manque est toujours là : je vis Lille à l’intérieur, et l’extérieur me manque. Mais c’est une ville très humaine que j’apprécie énormément, bref, ma ville d’adoption.

Qu’est-ce qui te plaît dans le programme et le projet portés par Lille Verte 2020 ?

Je me suis beaucoup investie dans la préparation de ce programme, et plus particulièrement sur ses volets « sécurité écologique » : protéger l’air, le climat, la biodiversité, nos ressources naturelles. Et ce au profit de la santé des Lillois.e.s et d’une certaine sécurité qui pour l’instant est compromise pour l’avenir. A mon sens, il y a 3 urgences, sanitaires, environnementales, autour de l’air, du climat, de la biodiversité.  Mon objectif était qu’elles soient au cœur de l’ensemble des propositions de Lille Verte 2020, ne serait-ce que parce qu’il est insupportable de voir ce cumul des inégalités à Lille. Je pense que ce pari est réussi, même si ce n’est qu’une première étape et que nous aurons beaucoup à faire au cours des prochaines années !

Qu’est-ce qui fait la différence de Lille Verte 2020 selon toi ?

Nous n’avons pas une seule mesure qui ne soit pleinement marquée du sceau de la transition écologique et de la justice sociale. Que ce soit la lutte contre la précarité énergétique avec la rénovation des logements, la lutte contre la pollution de l’air pour la santé des Lillois.e.s, le combat à mener pour restaurer la biodiversité dans notre ville trop minérale et rendre ainsi un vrai cadre de vie aux lillois, notre programme touche tout le monde, avec une attention particulière aux enfants qui doivent pouvoir retourner jouer dans nos rues. Le droit à la santé est inscrit dans la constitution : il n’y a guère de droit qui soit aussi malmené, aussi ignoré par les pouvoirs publics. Lille Verte 2020 promet de changer cela.

Quelle est, selon toi, la proposition phare, celle(s) à laquelle tu es le plus attaché et pourquoi ?

L’enjeu immédiat, c’est la qualité de l’air. Et il est au croisement de l’enjeu du climat et de celui de la biodiversité et de la nature. A force d’entendre tout et son contraire, je veux contribuer à rétablir la vérité sur le sujet : non, ni les 70 kmh sur le périphérique, ni les 30 kmh à Lille ne sont des mesures qui vont améliorer la qualité de l’air. Elles sont utiles en terme de sécurité routière, mais pas pour l’air. On ne peut non plus rejeter la faute sur le charbon allemand, quand on est ainsi ceinturé par des autoroutes urbaines et que l’on connait les effets de la pollution de proximité, le fait que des centaines de lillois vivent sur des secteurs en permanence en dépassement des seuils de pollution. Enfin, on ne peut pas non plus affirmer que la qualité de l’air s’améliore : depuis 2018, c’est très net, elle se dégrade à nouveau. Il est temps que les politiques prennent la mesure de l’enjeu de santé publique que représente la pollution de l’air.Il nous faut donc de vraies mesures qui mettent la santé publique en priorité : prendre de la place à la voiture, rénover les logements et changer les modes de chauffage, accompagner les écoliers pour qu’ils se rendent autrement qu’en voiture à l’école, s’assurer que la qualité de l’air est bonne dans les salles de classe, dans les cours d’école, mais aussi dans les logements. A l’avenir, si on bâtit près d’un périphérique à Lille (en particulier pour les quartiers en politique de la ville qui sont des secteurs de renouvellement urbain), il faudra que le périphérique change lui-même, devienne un boulevard urbain, qu’on le couvre, pour garantir – enfin –  la santé des habitants.

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