Gwendoline Mahé : « Il est indispensable d’aider financièrement et fortement les associations pour qu’elles puissent accueillir plus de femmes. »

D’où vient ton engagement dans la politique ? Qu’est-ce qui te motive ?

J’ai commencé à m’engager pour la campagne présidentielle de Benoît Hamon en 2017, j’étais très en phase avec ses idées, le revenu universel, la prise en compte des enjeux environnementaux, les perturbateurs endocriniens, la démocratie participative… C’est à la création de son mouvement que je me suis investie plus durablement. Ce qui est très enthousiasmant, c’est que l’organisation est très horizontale, avec des comités locaux, qui peuvent s’organiser en thématiques, et qui se mobilisent aussi hors élection : ce qui nous permet d’avancer aussi sur du fond, en continu. Cette élection est la première sur laquelle je m’engage localement.

Lille, ta ville : comment la décrirais-tu ? Qu’est-ce qui t’attache à Lille, voire te plaît moins ?

Je suis à Lille depuis septembre 2016. C’est une ville agréable à vivre, avec beaucoup d’activités culturelles, des gens accueillants. Mon travail à l’université se passe très bien. Ce qui me manque, par rapport aux autres villes que j’ai connues, ce sont les espaces verts. Il y a une grande disparité entre les quartiers, même si chacun a son charme. Une autre force de Lille, c’est le nombre de lieux où rencontrer des gens, et d’associations pour s’impliquer dans la vie associative. Bref, que du positif, à part les espaces verts et le sentiment d’insécurité qui est partagé par les femmes tard le soir ! Mais ça c’est présent dans toutes les villes.

Qu’est-ce qui te plaît dans le programme et le projet portés par Lille Verte 2020 ?

C’est un programme qui a été construit localement, et même co-construit, alors que pour toutes les autres élections cela se décide « au-dessus ». Il y a vraiment cette association entre l’écologie et le social, ce qui a été la raison pour laquelle Génération.s et EELV se sont associés. Un enjeu qui me semble essentiel, c’est d’améliorer la qualité de l’air, et nous sommes les seuls à se positionner aussi fortement sur ce sujet, avec l’importance donnée à la nature en ville, à la place à donner aux piétons et aux cyclistes, en assumant de prendre de la place aux voitures. Je viens de Strasbourg, où tout un morceau de centre-ville a été réservé aux piétons, et cela fonctionne très bien. Même chose à Colmar, d’où je viens.

Qu’est-ce qui fait la différence de Lille Verte 2020 selon toi ?

Les mesures sociales, comme le fait de rénover les logements plutôt que de construire, font la synthèse d’une préoccupation à la fois sociale et écologique. Notre proposition sur la réquisition des logements vacants est également à ce croisement de l’écologie et du social. En porte à porte, on voit chaque jour l’importance de la vacance à Lille, et donc l’opportunité de rénovations pour que ces logements profitent à nouveau aux lillois. L’accueil des migrants est aussi un point qui me tient fortement à cœur : trop souvent, on apprend à Lille que des migrants qui squattent des logements – qui sont pourtant abandonnés  –  sont mis à la rue.

Quelle est, selon toi, la proposition phare, celle(s) à laquelle tu es le plus attaché et pourquoi ?

Tout ce qui a trait à la lutte contre les discriminations, et la protection pour les femmes victimes de violence. Il est quand même assez aberrant, dans un pays développé, que les violences conjugales soient la première cause de mortalité pour les femmes âgées de 19 à 44 ans. Il est anormal qu’une femme soit contrainte de rester vivre avec son conjoint violent pour des raisons économiques : c’est pour cela qu’une nouvelle maison d’accueil me semble indispensable. S’agissant des violences sexuelles, l’augmentation des plaintes concernent 87% de femmes, contre seulement 13% d’hommes, avec beaucoup de plaintes dans le Nord par rapport au reste de la France. Il y a donc incontestablement beaucoup à faire, y compris localement. Souvent, les victimes doivent contacter plusieurs associations avant d’en trouver une qui puisse l’accueillir, l’écouter. Le risque, c’est que ces femmes replongent dans le silence. Il est indispensable d’aider financièrement et fortement les associations pour qu’elles puissent accueillir plus de femmes, mais aussi d’ouvrir une ligne d’écoute, et de sensibiliser les jeunes sur les différences, éveiller leurs sensibilités sur le consentement. Il faut éviter que de mauvaises habitudes soient prises, avec des ateliers de sensibilisation très tôt, pour, dès la primaire, débattre du rapport entre les garçons et les filles.

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